La Puissance de la Vision est une force qui dépasse largement la simple fonction biologique de l’œil pour devenir l’architecture mentale indispensable à tout accomplissement humain, car naviguer dans l’existence sans elle revient à tenter de traverser le Sahara en pleine tempête de sable sans boussole.
Pour bien comprendre ce « GPS de l’âme », prenons l’histoire de ce monsieur que nous allons appeler Moussa. Moussa est un jeune homme d’une trentaine d’année qui vivait à Ouagadougou entre le bruit des motos 😔 et l’odeur du porc au four😁. Il se levait chaque matin simplement parce que le soleil frappait à sa porte et mangait parce que son ventre criait famine! Moussa n’avait pas de plan, et quand on lui demande où il se voyait dans cinq ans, il répondait avec ce sourire fatigué : « On est dans la main de Dieu, c’est Dieu qui donne », oubliant que même si Dieu donne la pluie, c’est à l’homme de poser le canari pour recueillir l’eau. Un jour, il croisa un vieux dont le regard semblait percer l’horizon, lequel lui lança cette vérité cinglante : « Mon fils, tes pieds tournent en rond parce que tu n’as pas de lampe ; la vision n’enlève pas les cailloux du chemin, mais elle te montre par où passer pour ne pas tomber dans le puits. » Cette rencontre fut le déclic pour celui-ci.
Bien chers lecteur, comme le souligne l’un de mes formateurs et mentors Dr Poussi SAWADOGO dans un de ses livres Jus de fruits pour l’Esprit, un homme sans vision est un homme sans repère et cette vision fonctionne comme un véritable GPS qui permet de se situer même si l’on ne connaît pas encore précisément les détails de l’arrivée. D’ailleurs, cette nécessité de clarté n’est pas une invention de coaches en cravate, mais un principe gravé dans le logiciel de l’humanité à travers les siècles.
Avant de vous proposer une solution d’élaboration de sa vision, permettez-moi de vous proposer quelques références de base qui illustrent la puissance de la vision depuis la nuit des temps. En effet, la Bible nous avertit dans Proverbes 29:18 que « quand il n’y a pas de vision, le peuple est sans frein », tandis que le Coran, dans la Sourate Al-Mulk (67:22), pose cette question percutante : « Qui est donc mieux guidé ? Celui qui marche face contre terre ou celui qui marche redressé sur un chemin droit ? ». Ces références sont une invitation directe à relever la tête pour fixer un horizon car, comme le dit Habacuc 2:2, il faut « écrire la vision et la graver sur des tables » pour qu’elle devienne un plan concret et non une simple rêverie. On retrouve cette même exigence de lucidité dans la Sourate Al-Hashr (59:18) qui ordonne que « chaque âme voit bien ce qu’elle a préparé pour demain », car agir sans but c’est comme courir à l’aveugle. alors que l’apôtre Paul affirmait dans Philippiens 3:13-14 qu’il oubliait ce qui était derrière pour « courir vers le but ». Cette convergence sacrée se poursuit quand le Christ explique dans Matthieu 6:22 que « l’œil est la lampe du corps » et que le Coran précise dans la Sourate Ibrahim (14:1) que la guidance sert à « faire sortir les gens des ténèbres vers la lumière ».
Pour renforcer cette idée, partons dans les traditions orientales où on nous parlent du Samyag Darsanam ou la « Vision Juste » dans le bouddhisme, qui est le premier pas vers la libération, tandis que dans l’hindouisme, on nous enseigne à travers l’archer Arjuna que la victoire appartient à celui qui ne voit que la cible, le Dharma ou le But. Les textes gnostiques évoquent cette « vision transcendante » comme le privilège des âmes éveillées, prouvant que sans cette étincelle intérieure, l’homme se détruit par sa propre inaction.
Dans la sagesse africaine un proverbe nous rappelle qu’un homme sans vision est comme un poulet qui court dans la basse-cour sans savoir qu’il finira dans la marmite et un autre dicton de préciser que « regarder loin permet d’éviter les termitières ».
Il est donc crucial de comprendre, comme je le dis souvent, qu’une vision sans action est une simple hallucination, car on ne peut pas fonctionner comme un « mouton », se levant et dormant aux mêmes heures que tout le monde, et espérer un destin exceptionnel (La folie de A. Einsten). Comme l’affirmait Myles Munroe, la plus grande tragédie n’est pas la mort, mais une vie sans but. Cheikh Anta Diop nous poussait à avoir une vision de notre grandeur pour bâtir l’avenir. On aime à le dire: <<Une prière, un volonté sans vision est un cri dans le désert>>. Alors celui qui vit sans une intention claire de son devenir est comme une feuille morte à la merci du vent. C’est la vision qui gouverne le monde et permet de transformer une savane en métropole.
Certes, comme l’indique une pensée pleine de sagesse, on ne commence pas toujours avec une clarté totale, mais c’est en marchant que la destination se précise; la vision est une boussole qui donne la direction générale même si le chemin doit s’ajuster avec le temps.
En conclusion, j’invite tous à quitter dans la distraction et allumer nos GPS intérieur ! Ne soyons pas de ceux qui attendent que la pluie leur tombe dessus. Soyons de ceux qui provoquent et multiplient la pluie, celle de la réalisation de nos objectifs grâce à la claire déternination de notre vision. Prennons nos cahiers, écrivons nos destinées, car celui qui n’a pas de plan finit inévitablement dans le plan de quelqu’un d’autre, et là-bas, il n’y a pas grand-chose de prévu pour lui.
La vision est la semence, l’action est l’arrosage, et sans ces deux-là, nous resterons des « hommes sans repère » incapables de bouger, alors que nous avons en nous la puissance de construire nos propres mondes.
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